MAINTENANT JE DEVRAIS VRAIMENT PARTIR

INSTALLATION VIDÉO RÉALISÉE POUR L'EXPOSITION PHOTO "ANTHROPOCÈNE ALPIN" DE ETIENNE MAURY.

La Plateforme / Grenoble // 2020

 

Le nom de cette installation est une phrase de l’alpiniste Walter Bonatti, tirée de son livre MONTAGNES D’UNE VIE. Alpiniste reconnu, il donna son nom au pilier sud-ouest des Drus, dont il fit l’ascension le 22 août 1955, après six jours d’effort.

Cinquante ans plus tard, le 30 juin 2005, ce pilier historique s’écroule dans la vallée, et disparaît. Walter Bonatti en sera témoin de son vivant, disparaissant lui-même le 13 septembre 2011.

Même si les nuages désormais en proie à l’agitation devaient m’inciter à me dépêcher, je ne me décide toujours pas à prendre le chemin du retour. Je suis comme subjugué pas ces lieux puissants d’où émane le charme qui vient de loin, des choses que le temps effleure sans jamais égratigner. Je viens de le comprendre : ce que je frôle en ces lointains est plus une barrière de temps que d’espace. […] Quelques écharpes de brouillard enveloppent la cime et la recouvrent peu à peu. Maintenant je devrais vraiment partir.
Walter Bonatti

« Celui qui déplace une montagne commence par déplacer de petites pierres » s’exprimait Confucius. Et en effet, l’Homme qui de tous temps a considéré la montagne comme un symbole de puissance absolue et éternelle, est pourtant parvenu à l’affaiblir en quelques décennies.

C’est de ce constat presque surréaliste - celui d’une montagne qui s’effrite, s’écroule, devient impropre à la présence humaine - que s’est forgée l’idée principale de cette installation. La montagne s’incarne et nous dévoile sa fragilité, son immobile impuissance, et sa résilience. La contemplation de cette dernière s’arrête là où l’introspection se doit de commencer, en abordant le changement climatique de manière sensible.

L’incidence de l’Homme sur la montagne nous a toujours semblé négligeable. Nous nous sommes trompés. Ces petits écrans, ces petites fenêtres ouvertes sur notre rapport à la montagne, nous invitent à nous approcher, pour mieux comprendre. Assumons alors le fait que notre présence en ces lieux est loin d’être négligeable, car l’impact de l’Homme est tel que la montagne disparaît derrière notre ombre.

Ce jeu symbolique tend à montrer que l’Homme, de par sa simple présence, a enclenché cette disparition, participe à ce changement, et que s’il veut contempler à nouveau, alors il se doit de faire quelques pas en arrière. Peut-être que, maintenant, nous devrions vraiment partir.

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une installation vidéo de ALEX LIEBERT
timelapses / ALEX LIEBERT & ETIENNE MAURY
photographies / ETIENNE MAURY
montage & animation / ALEX LIEBERT
sons / ALEX LIEBERT & BENJAMIN CANONNE CHAVAL

avec les témoignages de
FRÉDI MEIGNAN / Ancien gardien du refuge du Promontoire, dans les Écrins, et Président de Mountain Wilderness France
LIV SANSOZ / Athlète de haut-niveau
BENJAMIN GERARD-GROSSO / Guide de haute-montagne & membre de la commission "environnement" du SNGM
CÉDRIC SAPIN-DEFOUR / Alpiniste et écrivain
merci également à
MATTHIEU RAMEAU / Moniteur de ski
EMMANUEL COLTAT / Responsable service client chez Patagonia

merci à
ETIENNE MAURY
TANINGES TÉLÉCABINES
/ lieu d'achat/vente/collection d'objets liés au transport par câble
LA PLATEFORME